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LES VEILLÉES DE TOLBIAC N°2 La Création : Matière et temps @P. C. Aubrit St Pol





 

 

DE LA CRÉATION

 

INTRODUCTION

 

Les scientifiques imposent leurs narratifs selon la grille cartésienne quant à l'objet de leurs recherches et à l'exposé de leurs découvertes. Nul n'ose remettre en cause la méthode du doute qui aboutit à considérer relative toute vérité, ce qui revient à écarter son autorité. Elle assourdit la conscience morale qui détermine la qualité de l'acte posé, car elle n'a plus la vérité pour appui et sa liberté s'effrite. Le despotisme cartésien s'étend à tous les domaines scientifiques du créé et du non-créé (sciences humaines). Y a-t-il encore des esprits réellement libres ? Il suffirait pourtant de revenir à la scolastique thomiste pour voir disparaître bien des obstacles.

 

Ceux qui nous imposent leurs théories sur les causes de la création ont un narratif à deux faces : la grille cartésienne d'une part et les options idéologiques d'autre part auxquelles s'ajoutent les fondamentalismes religieux qui écartent l'usage de la raison, niant la liberté de conscience[1], blessant profondément la dignité de Dieu en l'homme. Les scientifiques n'ordonnent ni leur raison ni leur narratif à l'autorité de la vérité du réel pas plus qu'à celle de la Révélation. Ils privilégient leur carrière. Un état d'esprit général qui prédomine surtout en paléontologie, en sciences génétiques et virologiques et en sciences astrophysiques, et depuis peu, mais avec quelle puissance dévastatrice tout le corps médical qui peut être considéré, à bien des égards, un danger. Il est manifeste qu'une volonté puissante empêche tout rapprochement entre la science et la Révélation chrétienne, entre la science et la conscience morale. Il est évident, au vu de toutes les dérives morales des milieux scientifiques, qu'il y a une volonté d'éloigner l'homme de Dieu jusqu'à en effacer la mémoire. Le plus affligeant, étant que des savants, des intellectuels, des membres de la hiérarchie de l'Église catholique collaborent à ce déni de vérité, et deviennent acteurs de ces puissances destructrices. Nous l'avons constaté lors de la "pandémie de la Covid 19"[2] et de la dramatique loi de bioéthique[3].

 

La question de l'âge de la Terre est un exemple illustrant les influences permissives. En effet, selon les études du professeurs John Baumgardner, géophysicien, l'âge de notre planète oscillerait entre 6000 et 8000 ans. Cette fourchette, il l'a établie à partir des mesures des niveaux d'hélium restant dans les cristaux de zircon qui s'échappent de manière régulière et constante. Il existe d'autres mesures qui proposent un âge de la Terre qui ne va pas au-delà de 20 000 ans. Ces recherches ne sont pas publiées dans la presse spécialisée, ce qui démontre, à contrario, l'embarras dans lequel les milieux scientifiques se trouvent. L'ordre établi ne peut être déranger, il sera pourtant renversé. Il le faut, car l'influence des milieux scientifiques est excessive et en dehors de tout cadre moral.

 

Nos sociétés ne se questionnent plus guère sur l'origine et l'âge de la création, parce qu'elles craignent, par-dessus tout, de remettre en cause leur sécurité intérieure et sociale, et elles ont d'autres urgences. Elles se reposent sur les données magistrales que proposent nos mandarins, et elles acceptent mal leur remise en cause[4] par crainte que leurs certitudes s'effondrent. Il est dans la nature de l'homme de s'interroger sur ces sujets, puisqu'ils conditionnent son existence et sa relation avec tout le créé : création, matière, temps, vie, mort forment le cadre de sa vie morale et surnaturelle.

 

Je m'inscris dans la continuité de la scolastique qui témoigne de la richesse patristique, tout en tenant compte des certitudes scientifiques. Je pose donc en tant que catholique le postulat suivant : Dieu est l'Auteur unique de la création visible et invisible. Il est la Cause Première de ce qui est ainsi que des existants ou étants[5].

 

 


DE LA MATIÈRE

 

ABDON : - La racine du mot matière est ind.eur. *matr-, elle signifie mère. En grec, elle donne mêtêr et mêtra ce qui semble avoir donné Demeter (de-mêtêr), la déesse de la terre, de la fécondité chez les Grecs. Toutes les religions païennes ont pour matrice originelle la Mésopotamie : Bêlit-ili, en akkadien ; Ninhursag en sumérien. Le culte des idoles, les pratiques de sorcellerie avec sacrifice humain, s'est répandu sur toute la terre avec des noms différents à partir de la confusion de Babel. Ces noms différents se rapportent aux idoles de la Mésopotamie. Cham et Chanaan en ont été les fondateurs en réaction à la malédiction de leur père et grand-père Noé selon la Révélation et celles accordées à A. C. Emmerich dans Les Mystères de l'Ancienne Alliance. Les idoles chaldéennes étaient de vraies personnes historiques, descendants de Cham et de Chanaan, si puissamment infestées et possédées par les anges-démons qu'ils ont été perçus et reconnus comme des dieux[6] à cause de leurs prodiges[7].

 

SENNEN : - Dans son sens populaire, la matière se confond avec la terre nourricière qui elle-même se confond avec la planète Terre, objet céleste, parce qu'elle contient tous les matériaux nécessaires à la vie physique. Le récit du premier jour de la création dans le livre de la Genèse indique que la planète Terre ainsi que le ciel ont été créés directement : "Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. Mais la terre était informe et nue, et des ténèbres étaient sur la surface d'un abîme, et l'Esprit de Dieu était porté sur les eaux[8]" et dans l'Évangile de Saint Jean, il est écrit : " Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. […] Toutes choses ont été faites par Lui ; est sans Lui rien a été fait de ce qui a été fait." Le redoublement du pronom "lui" dans ce verset indique la seconde Personne de la Très Sainte Trinité.

 

ABDON : - Le langage réaliste du récit de la création précise que la Terre, en tant que planète, a été créée ainsi que le ciel par la Parole de Dieu qui est Acte – statim ut –. Si le Verbe, dans l'humanité de Jésus-Christ de Nazareth, lors de la Sainte Cène, a créé – statim ut – le sacrement de l'Eucharistie – fait du pain sa Chair et du vin son Sang – pourquoi ne pas reconnaître que la Parole de Dieu ait suffi à créer instantanément la Terre ? Quant à ce qui s'est passé en amont de la création de la planète Terre, nous n'en savons rien de certain. Les certitudes sont surtout des hypothèses basées sur des calculs mathématiques soumis à interprétation et à une narration inféodée à la grille cartésienne et aux options philosophiques, idéologiques des narrateurs. Et nous devons considérer que ces calculs sont souvent sans talon, contrairement au mètre.

 

SENNEN : - Ces hypothèses sont souvent présentées en opposition à la Révélation chrétienne. Une attitude qui fragilise l'indépendance des milieux scientifiques puisqu'ils se mettent au service des idéologies quand ils n'en sont pas les fondateurs. Une attitude intrinsèquement perverse, car elle a permis des expériences qui furent intentionnellement orientées pour démontrer l'inutilité de Dieu ou tenter d'imposer un autre paradigme que celui découlant de la l'intention du Créateur. Plus grave encore, il a permis des filiations génocidaires, des Joseph Mengle[9], illustrées par la fabrication du virus Covid 19, reconnue officiellement par l'un des principaux acteurs devant la commission sénatoriale, et de bien d'autres fléaux tel que le VIH[10].

 

ABDON : - Les hypothèses les plus déroutantes au sujet de la création sont au nombre de trois :

1ère hypothèse : le récit de la création dans le livre de la Genèse recouvre un sens métaphorique qui lui enlève tout autorité scientifique. Une position qui amène cette proposition : il y aurait eu une masse informe composée d'atomes d'hélium – matière gazeuse – qui serait à l'origine de la création[11]. Rappelons une constante en physique : tout ce qui existe a une cause et des effets. Il est probable que l'hélium soit la conséquence seconde d'une cause inconnue exercée sur une particule de matière elle-même inconnue. L'hélium n'a pas pu s'autodéterminer, et comme il a été identifié, il est probable qu'une matière inconnue aura existé avant lui et en soit la cause instrumentale, puisque rien n'est sans cause de ce qui existe.

 

2ème hypothèse : le hasard et la nécessité mécanique sont à l'origine de la matière donc de la création. Le hasard est un mot d'origine arabe – az-zahr[12], il désigne un jeu de dés pour lequel ni la volonté ni la raison n'interviennent. Ce mot hasard n'est pas quelque chose ni quelqu'un, il n'a pas de substance. Il est un concept mathématique. S'il est le facteur X de la création, il est dieu. À cette proposition, Einstein eut cette réponse : "Je refuse de croire à un dieu qui joue aux dés."

 

3ème hypothèse : la matière serait sa propre cause, sa propre origine.

Une proposition qui dérive de celle de Descartes : "Je pense donc je suis." Cette affirmation fait passer l'existence avant l'essence. Il s'agit d'une inversion métaphysique, contraire à la vérité du créé et à l'ordre de la création telle que Dieu la veut et la maintient. Si nous allons jusqu'à l'aboutissement logique de cette proposition : l'homme est son propre créateur. Les théoriciens de l'auto-détermination de la matière ne font que lui appliquer la proposition de Descartes, d'où découlent les théories abracadabrantesques des tenants de l'évolutionnisme[13].

 

SENNEN : - La question est de savoir s'il est possible de démontrer que, quelque chose qui n'a aucune existence peut se donner elle-même à exister. Comment, ce pourrait-il qu'un acte d'existence soit posé si l'objet n'existe pas ?

Ce pourrait-il que ma tête soit mes pieds ?

Ces théoriciens, n'ont-ils jamais joué aux billes ?

Selon Voltaire : "Il ne se conçoit pas une horloge sans horloger."

Quelle que soit la cause inconnue de la matière inconnue, cette cause est intelligente. En effet, quelle cause a conçu des lois physiques si ajustées, faisant de la création une œuvre harmonieuse, disposée à recevoir la vie ? Cette cause est Dieu pour le catholique. Dieu créa une particule de matière inconnue, Il lui donna une mémoire-forme qui la disposa en vue de la formation de la planète Terre. Cette particule de matière inconnue est la matrice des matières que nous connaissons. La matière n'est-elle pas ce par quoi se manifeste la vie dans la création visible ? La Parole du Verbe, qui est Lumière, créa la Terre qui reçoit à cet instant-là sa propre mémoire-forme. Il est vraisemblable que pour former la planète Terre, Dieu envoya par sa Lumière les informations nécessaires d'où la cause possible du Big-bang [14]qui n'est pas l'événement créateur, mais une étape seconde dans l'organisation de la création. Il est logique que Dieu ait, pour l'ordre minéral, posé un acte unique de création à partir du moment où il forme la planète Terre. Elle s'est organisée en filons minéraux selon des lois mécaniques contenues dans sa mémoire-forme. Le Créateur n'agira pas de la même manière pour le vivant. Il est intervenu pour chaque espèce dans les deux ordres : végétal et animal et ainsi que pour le règne de l'homme. En effet, les deux ordres du vivant et le règne de l'homme ont une âme : végétative selon l'espèce pour l'ordre végétal, sensitive selon l'espèce pour l'ordre animal et humaine pour le règne de l'homme.

 

ABDON : - La création a deux existants majeurs avec lesquels l'homme entretient une relation privilégiée : la matière et le temps. Une relation qui commence dès la fécondation de l'ovule que l'animation scelle et dont il ne sera libéré qu'à sa mort physique.

 

 

 


 

DU TEMPS et DU TEMPLE

 

 

SENNEN : - La matière et le temps sont créés dans un même instant T., différents par leur nature, ils n'en sont pas moins liés par la nécessité. Leur existence propre est interdépendante.

 

Le mot temps a pour racine latine tempus - oris qui vient de mot plus ancien tempes - eris, qui évoque le sens de saison, époque de l'année. Le mot temps indiquant la durée vient de tens dont le sens est lié à la racine grec chronos. Certains considèrent que la racine étymologique du mot temps est la même que celle du mot temple ; cela qui fait sens si les deux sont considérés dans une approche mystique, métaphysique voire théologique. En effet, la racine ind.eur. Du mot temple est tem- qui signifie couper, séparer, lieu distingué dans la cité. C'est le lieu consacré au temps de l'homme qui converse avec la divinité qui descend vers lui. L'intuition d'un lieu consacré à la présence de la divinité est inscrite au plus profond de la Memoria dei de tous les hommes, un des aspects de la nostalgie surnaturelle du paradis perdu. Il témoigne de la Présence de Dieu en chaque homme. Le temple, pour le catholique, est l'écrin sacré pour le Présent divin que l'homme approche. Il ouvre son temps propre au Présent divin qui renouvelle son habitat en lui par les sacrements. Dans les églises catholiques, le Présent divin descend d'une façon particulière et permanente dans le temps de l'homme par le sacrement de l'Eucharistie qui recèle la Présence réelle, Elle s'offre dans un cœur à cœur. Dieu et l'homme s'avisent mutuellement[15].

 

ABDON : - La Révélation catholique, qui commence avec Moïse, surélève les concepts du temple et du temps. Le temple devient le parvis du ciel sur la Terre. Cette dimension mystique et eschatologique est portée par la Parole du Christ face aux prêtres du Temple : "Jésus répondit et leur dit : Détruisez ce temple et je le relèverai en trois jours[16]." Jésus-Christ assume en Lui le Temple et le temps, d'une œuvre matérielle, il passe à l'immatériel incarné. En effet, le seul vrai Temple est le Corps de Jésus-Christ ainsi que celui de l'homme qui est fait à son image et ressemblance. Et, tous les deux se rencontrent, se donnent l'un à l'autre par les sacrements, mais surtout par l'Eucharistie.

 

SENNEN : - Le baptisé dans la foi catholique reçoit chaque jour Dieu par le sacrement de l'Eucharistie, et s'introduit en lui le Présent de Dieu. En communiant au Corps et au Sang de Jésus, il reçoit et se donne aux trois Personnes de la Très Sainte Trinité. En effet, l'Union Hypostatique qui unit la Personne humaine de Jésus à la seconde Personne divine, le Verbe, subsiste sur la Croix, dans la mort, dans la descente aux enfers, dans la Résurrection, à son Ascension. Il est donc évident qu'elle subsiste dans tous les sacrements donnés in persona Christi, et bien plus certainement dans celui de l'Eucharistie. Le tabernacle confirme le sens eschatologique des mots temple et temps, puisqu'il abrite le Présent immobile de Dieu dans la Présence réelle et sacramentelle de l'Eucharistie. Ce sacrement communique l'appétit de la béatitude éternelle. Il affame d'amour l'homme tout en le comblant. Le Tabernacle est le Saint des saints accompli dans l'histoire. Le temple est également le temps de l'homme, celui de son salut.

 

ABDON : - Ni le temps ni la matière ne peuvent exister l'un sans l'autre, et ni l'un ni l'autre n'est la cause seconde ou première de l'un. Ils sont créés ex nihilo dans un même instant T. Ils sont ordonnés à la vie. La matière et une masse, un volume, qu'elle soit microcosme ou macrocosme, elle a des dimensions et un poids. Ces dimensions se mesurent en système métrique et chronométrique. Toutefois, le temps ne peut se mesurer qu'en séquence, puisqu'il ne peut exister qu'en dépendance à la matière et que tous les deux ont été créés avant que n'intervienne le big-bang. Il est donc impossible de mesurer le temps au-delà de la matière visible et organisée. C'est pourquoi Dieu le Père peut seul connaître la date de la fin du temps, puisqu'Il est Le seul à connaître son début. Dans le livre de l'Apocalypse, l'Agneau, qui est Jésus-Christ, Il s'affirme comme l'Alpha et l'Oméga : "Je suis l'Alpha et l'Oméga, le début et la fin, dit le Seigneur Dieu, qui est, qui était et qui doit venir, le Tout-Puissant. […] Il me dit encore : C'est fait. Je suis l'Alpha et l'Oméga, le commencement et la fin. À celui qui a soif, je donnerai de la source d'eau vive. […] Je suis l'Alpha et l'Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin.[17]"

 

SENNEN : - Ni Dieu, dans son Unité, ni aucune des trois Personnes divines n'ont l'expérience de la matière et du temps. Ils le conçoivent intellectuellement, mais Ils n'en ont pas fait l'expérience pas plus que celle de la foi, puisque Dieu Un et les trois Personnes sont la Vérité. Il faudra attendre l'Incarnation du Verbe dans le corps humain de Jésus de Nazareth, Fils de Marie pour que le Père, le Fils et l'Esprit Saint les expérimentent. Le Verbe s'incarne dès la formation du premier génome de Jésus, c'est-à-dire à l'instant T. de l'animation, le moment où l'âme humaine et créée et reçoit les trois Puissances. L'humanité et la divinité, dès cet instant de l'animation et de l'Incarnation, expérimentent la matière et le temps. Dieu infini n'entre-t-il pas dans le fini et ne le contient-Il pas ? Jésus-Christ vrai Homme et vrai Dieu devra attendre d'être retourné auprès de son Père, soit dans la Très Sainte Trinité, pour affirmer être : l'Alpha et l'Oméga. Si l'Agneau s'affirme à trois reprises l'Alpha et l'Oméga, c'est parce que chacune des trois Personnes de la Très Sainte Trinité peut également le dire.

 

ABDON : - Lors de l'Incarnation du Verbe dans le premier génome de Jésus, Fils de Marie, et à l'instant de son animation – le Verbe est resté et reste uni à sa divinité ainsi qu'aux deux autres Personnes divines, c'est l'Union Hypostatique –. C'est par cette Hypostase que l'expérience du temps et de la matière est transmise à la Très Sainte Trinité. Quand Jésus ressuscite, c'est son corps physique qui ressuscite et, il montera auprès de son Père avec une particule de matière glorifiée. C'est ce qui fait comprendre comment la création visible sera glorifiée et transfigurée. La nature de la matière ne change pas, seule sa substance change : " Après cela, Jésus se manifesta de nouveau à ses disciples près de la mer de Tibériade. Or il se manifesta ainsi. […] Jésus leur dit : Venez, mangez. […][18]. Il mangea avec eux".

 

SENNEN : - Jésus est le début et la fin de la création donc du temps et de la matière. En affirmant qu'Il est l'Alpha et l'Oméga, il confirme que la matière et le temps sont deux créés ex nihilo, et qu'en tant que Jésus-Christ, Dieu fait Homme, Il est la Cause finale de tout le créé. Il est l'Alpha, parce qu'Il est Dieu et qu'Il est celui qui met en action, en œuvre la pensée de son Père ; Il est l'Oméga, parce qu'Il est la cause finale surnaturelle de la création visible et invisible, mais aussi parce qu'Il s'est incarné dans notre chair, notre temps, Il a foulé notre terre et soulevé la poussière avec nous, au milieu de nous.

 

ABDON : - Le temps est un créé impalpable, invisible physiquement, mais il se comprend et se mesure par la matière. Ni ne court, ni ne se perd, ni ne fuit. Il est fixe, immobile. Je suis témoin de la mort de mon prochain, son corps s'effondre au sol. La vie s'est retirée. Il ne bouge plus. Ses fonctions vitales sont arrêtées. Il est immobile. La relation qui s'établit entre lui et moi est asymétrique : moi vivant, lui sans mouvement. Le temps reste le même pour ce corps inerte que pour moi qui ait le mouvement, donc il ne s'écoule pas. Nous sommes sur lui ainsi que la moindre particule. Que je sois en retard, en avance, à l'heure, il reste le même. S'il n'en était pas ainsi en cet instant et l'instant d'après, je ne pourrais pas mesurer la séquence entre deux points ni la matière, car s'il est mobile, la matière l'est également. L'Agneau n'aurait pas pu s'affirmer comme étant l'Alpha et l'Oméga, car cette affirmation induit qu'Il tient ce qu'Il a créé. Or, je ne peux tenir que ce qui est fixe, je ne tiens pas un fluide, un liquide. Si le temps et la matière ne sont pas fixes, le Verbe n'aurait pu s'incarner ni accomplir l'histoire, car elle a un terme. Il s'est incarné dans la matière et dans le temps, Il est mort et ressuscité dans notre matière et dans notre temps. Il a foulé notre Terre et soulevé avec nous la poussière de son Incarnation à son Ascension.

 

SENNEN : - L'homme, Adam, collabore à l'Acte Créateur de Dieu, parce qu'il est à son image et à sa ressemblance, élevé au rang de collaborateur. Il ajoute, de sa volonté et par la grâce de Dieu, la perfection glorieuse qui contribue à faire qu'au temps fixé, toute la création soit glorifiée et élevée auprès de Dieu le Père. L'homme, par cette collaboration, manifeste sa dignité d'enfant de Dieu, sa dignité royale, son sacerdoce royal. Sa domination sur la terre est une obéissance conforme à sa dignité qu'il reçoit de son Créateur :  " Il dit ensuite : Faisons un homme à notre image et à notre ressemblance : et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les volatiles du ciel, et sur les bêtes, et sur toute la Terre et sur tous les reptiles qui se meuvent sur la terre. Et Dieu créa l'homme à son image : c'est à l'image de Dieu qu'il le créa : il les créa mâle et femelle.[19]" L'homme est le seul règne[20] de toute la création visible. Il règne en tant que mandataire en lieu et place de Jésus-Christ, et jusqu'au retour du Fils de l'Homme venant sur la Nuée. À cause du péché originel, sa domination ne porte des fruits d'action de grâce que s'il est uni au Rédempteur qui, selon les paroles attribuées à David : "Il règne par le bois." De ce fait, le Verbe fait chair dans l'humanité de Jésus de Nazareth, fils de David, établit son règne en puissance et dans l'ordre de la foi par le cœur des justifiés. Aussi, à son retour, Il recueillera la création de leurs mains, qu'Il glorifiera et remettra à son Père en ultime Action de Grâce.

 

ABDON : - De par son existence et l'obligation qu'il a de travailler, de vivre, l'homme se confronte à la matière et au temps. Il raisonne sur une relation de nécessité fondée sur la vérité du réel. Une relation qui contribue à déterminer la nature de son immortalité ! " Le mot "travail" désigne tout travail[21] accompli par l'homme, quelles que soient les caractéristiques et les circonstances de ce travail, autrement dit toute activité qui peut et qui doit être reconnue comme travail parmi la richesse des activités dont l'homme est capable et auxquelles il est prédisposé par sa nature même, en vertu de son caractère humain. Fait à l'image, à la ressemblance de Dieu lui-même dans l'univers visible et établi dans celui-ci pour dominer la terre, l'homme est donc dès le commencement appelé au travail. Le travail est l'une des caractéristiques qui distinguent l'homme du reste des créatures dont l'activité, liée à la subsistance, ne peut être appelée travail ; seul l'homme est capable de travail, seul l'homme l'accomplit et par le fait même remplit de son travail son existence sur la terre. Ainsi, le travail porte la marque particulière de l'homme et de l'humanité, la marque d'une personne qui agit dans une communauté de personnes ; et cette marque détermine sa qualification intérieure, elle constitue en un sens sa nature même.[22]" La relation que l'homme a avec la matière et le temps est le cadre temporel de l'usage qu'il fait de sa liberté. C'est aussi, depuis le péché originel, la toile dramatique qui retient tous les actes de sa vie terrestre désignés par le devoir d'état et sa conscience morale – loi naturelle –. La scène centrale de cette toile se compose du sacrifice d'Abel, celui d'Abraham sur son fils Isaac, celui du Temple de Jérusalem, celui de l'homme juste tenu dans l'ignorance involontaire de la Révélation, le tout récapitulé par Jésus-Christ sur la Croix, sacrifice prolongé de manière non-sanglante par le sacrement de l'Eucharistie. La matière et le temps forment le cadre de l'Économie du Salut, celui de l'histoire.

 

SENNEN : - Le Verbe avec le Père et le Saint Esprit descend dans l'Eucharistie. C'est le pain qui devient Chair et le vin qui devient Sang par le mystère de la Transsubstantiation. Le pain et le vin sont les dons de Dieu que l'homme produit par son travail.  Le travail de l'homme est douleurs depuis le péché originel, il est transcendé par Jésus-Christ qui vivait de son métier, charpentier et par le mystère eucharistique, mais il est confrontation douloureuse de la matière et du temps. C'est dans ce temps de sanctification que le Présent immobile de Dieu se fait Présence sacramentellement, mais réellement, jusqu'au retour du Fils de l'Homme venant sur la Nuée. Les fruits de la terre et du travail de l'homme deviennent substance Transsubstantiée abritant la Présence réelle de Dieu avec son Présent immobile pour un échange d'amour, un Cœur à cœur qui invite l'homme à se disposer à réaliser sa ressemblance surnaturelle à son Créateur, Sauveur et Sanctificateur, puisque le seul temple que Dieu n'a jamais construit est le corps de l'homme.

 

 

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[1] Donnant une interprétation rigoriste et pharisaïque soit : matérialiste de la création devenant des idéologues et non des lumières d'espérance.

[2] Intervention hors propos du cardinal Bergoglio (François) acquis aux idéologies mondialistes et donc relativistes dont le Saint Siège semble devenir le héros et l'oriflamme. N'a-t-il pas justifié l'assassinat des enfants à naître pour la production de vaccins anti-covid 19, allant à l'encontre du Magistère.

[3] Discours du Pape Pie XII les 22/11/1951 et 24/04/1955 site vatican.va

[4] Il n'est qu'à voir le comportement panurgien des foules lors de cette Covid 19 et de la vaccination qui s'en est suivie. La honte des démocraties.

[5] Ils désignent les objets et les vivants qui n'ont pas conscience de leur existence. Le mot étant est le terme utilisé par J. P. Sartre, je lui préfère existant.

[6] Ce qui sera résumé dans la personne de l'Antéchrist et de ceux qui le serviront avec le zèle du serviteur du grand prêtre.

[7] Il y a dans les mouvements tels que ceux des écologistes et du wokisme, un retour très net au paganisme et, il est fatal que cette régression civilisationnelle s'accompagne d'une involution sociale incitant au retour des pratiques idolâtres et de sorcellerie.

[8] Gn. 1, 1-2, Bible traduite selon l'abbé Glaire, traduction de la Vulgate de saint Jérôme.

[9] Docteur Mengle tortionnaire nazi.

[10] Cf. Un rapport d'un des directeurs suisses de l'OMS dans les années 1980, paru dans une revue de santé suisse. La carte épistémologique du VIH correspondait à celle de la dernière campagne antivariolique, vaccin fabriqué exceptionnellement dans les laboratoires de l'armée U. S.

[11] Cf. encyclique Humanae Generis du Pape Pie XII.

[12] La langue arabe est une langue dialectale dérivée de l'araméen, langue qui fut parlée de Lisbonne à Shangaï jusqu' 9ème siècle. Voie le site EECho.

[13] Un éléphant est une baleine qui a refusé de retourner à l'océan ??? Le ridicule ne tue plus.

[14] Ce big-bang pourrait être le Mur de Planck.

[15] Vie du curé d'Ars : "e curé s'entretient avec un paysan qui est en présence devant le tabernacle.

[16] Ev. Jn. 2, 19

[17] Apo. 1, 8 ; 21,6 ; 22, 13

[18] Ev. Jean 21.

[19] Gn. 1, 26 - 27

[20] Le mot règne a pour racine ind. eur. *reg qui signifie diriger en droite ligne. Diriger induit la volonté qui induit la conscience d'exister de son être. Or, seul l'homme a cette conscience et cette volonté dont l'agir est en lien avec la liberté et la raison. C'est pourquoi, le seul règne dans la création est celui de l'homme. Le minéral, le végétal et l'animal sont des étants ou des existants donc des ordres et non des règnes.

[21] Le travail, étymologiquement est synonyme de souffrances, de douleurs, ce terme doit être entendu dans l'encyclique de st J. P. II comme propre à la période qui commence avec l'expulsion d'Adam et Eve du Paradis. Le travail est une pénitence.

[22] St J. P. II encyclique, Laborem Exercens 


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