LE DROIT DE TUER !

Mis à jour : 6 juin 2019

de P. C. Aubrit Saint Pol


mercredi 5 juin 2019 - Résurrection et Assomption de Saint Joseph, roi de France.

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L’épreuve que vivent Vincent Lambert et de ses proches est d’abord une tragédie familiale. Elle pose la question de nos choix de société qu’on justifie au nom du progrès en faisant de ceux qui s’y opposent des réactionnaires, des opposés à la liberté, au post-modernisme1. Vincent convoque notre conscience, mais également un débat malheureusement dévoyé par l’idéologie et l’oppression médiatique.

Jusqu’où notre société s’enfoncera-t-elle dans le renversement de la Loi Naturelle et des Lois de Création ? Le Pape saint Jean-Paul II le grand, nous en avait averti, nous sommes dans la culture de la mort. Depuis la révolution de 1789, nous avons renoué avec l’acte génocidaire. Nous atteignons un tel degrés d’horreur, d’abomination qu’il n’est plus de la volonté de l’homme de pouvoir inverser le cours. Seul la manifestation du fruit du renversement anthropologique et de la transgression morale et spirituelle y mettra un terme. Il s’agit de l’Antéchrist qui est un personnage réel, physique, social.

Une société qui considère l’interruption de la vie à son origine comme un acte normal est dans une démarche d’apostasie et de totale inversion du réel. Car dès la formation du premier génome, Dieu le Père crée l’âme et lui insuffle les trois Puissances, à cet instant-là il y a un petit d’homme qui est en voie d’accomplissement et non pas un être possible, en puissance2.

Comment une nation, une civilisation qui affronta des menaces immondes sur l’humanité, qui a découvert les centres d’extermination nazis, a-t-elle pu en arriver à inverser objectivement les raisons qui l’ont amenée à combattre, à résister au nazisme ? Parce que c’est la même qui osa bombarder Hiroshima et Nagasaki ; les deux camps opposés auront unanimement, sous un mode différent, scellé un pacte avec les puissances du mal. Il n’y a pas d’unité en enfer.

Mais derrière Vincent, il y a le besoin méphitique de dissimuler la souffrance, la mort, la misère de l’homme. Nous sommes rongés par notre incapacité à accueillir la réalité de la condition de l’humanité. Nous ne sommes plus capables de recevoir notre propre vérité, de nous aimer à partir de notre réalité. Nous nous aimons à travers des prismes idéaux qui ne sont ni la réalité de la Création, ni celle de la vie, ni celle de l’homme dans sa nudité, dépouillé de tout artifice, dans son image et dans son être. Refusant ce que nous sommes, nous compensons le vide créé en nous par une image projetée idéale qui nous force au rejet de la réalité. Nous avons atteint un degré inconnu du mensonge, s’enfonçant dans l’effroi d’un narcissisme accompli.

Nos peurs sont les premières causes de nos cancers, de nos dépressions et, elles ont noms : égoïsme, confort, économie, esthétisme sociale, libéralisme et libertaire, accumulation, possession, etc. Ils sont aussi nos refus d’admettre la réalité de la condition humaine, celui de ne pouvoir jouir tranquillement, celui de ne pas satisfaire à ses appétits animaux comme le disait un aviné du zinc : Faut baiser tranquille.

Comment pourrions-nous accueillir la mort, la maladie, la vieillesse, la pauvreté, la mendicité ? Nous n’accueillons plus la vie, l’innocence, ni le beau. Nous nous extasions devant une boîte de conserve contenant un excrément humain, un phallus portant un chapelet.

Nous nous en enorgueillissons de l’évolution de nos sciences qui tuent l’enfant conçu par l’eugénisme et, nous en sommes arrivés à faire des dons aux organismes qui pratiquent la sélection embryonnaire, soit l’eugénisme. Nous nous réjouissons des chimères, nous nous satisfaisons de nos transgressions.

Qu’avons-nous à faire de Dieu ? Nous démontrons son inutilité. Nous allongeons les années de vie et, les avorteurs sont nos tueurs à gages, salariés par l’État, par nos impôts. Nous pétons sur les coussins de nos assemblées remplis de sang des innocents et nos gloires sont faites de leurs larmes appelant leur mère.

Ces générations qui ont voulu le divorce, la contraception, l’avortement, l’eugénisme, la dépénalisation de la pédophilie, la normalisation de l’anormalité et maintenant, elles décident de qui peut vivre et mourir. L’économie n’est-elle pas devenue obsession ? Assez d’inutiles ! Vivent nos retraites bien confortables ! Nos rentes et notre maison au Maroc ! Allons baiser sous le soleil marocain avec la dernière "pépée" en vue et ses seins refaits. Nous voulons du bio, allonger des années de jouissance3…

Oui, mais voilà, l’affaire Lambert, comme disent ces médias, fait désordre. Elle n’a que trop duré. Il eût mieux valu qu’elle se fût réglée discrètement : une erreur de dosage peut-être ! Elle est devenue non pas une affaire de droit, de morale, mais une opportunité idéologique, un principe ! Elle est bien bonne, parler de principe ! Depuis quand notre peuple, notre société pseudo-post-industrielle en a des principes ? La république ne cesse de se nourrir du lupanar du comte d’Orléans et de s’abreuver au caniveau du sang innocent. Allez, vous m’en remettrez un petit codet !

Hypocrisie ! Il faut que l’homme moderne, libéré, de progrès s’élève au-delà de la morale, au-delà de sa conscience, il doit être ce surhomme de Nietzsche… Un monstre froid par-delà le bien et le mal. Je crois bien que nos pères l’ont vu dans sa magnificence. Il avait une chemise noire ou rouge et, nous en avons vu toutes les horreurs. Il fallait que la race et la nation des seigneurs d’acier fussent saines et fortes et que s’installât le paradis sur la terre. Un long fleuve tranquille bien rouge…

O ! mais aujourd’hui, il faut laisser la place à l’économie, au bien être, à la satisfaction du moi : Je veux jouir et accaparer toujours…

Vincent Lambert nous renvoie à ce que nous sommes devenus : un peuple inhumain, infantilisé, qui n’admet plus le réel. Il nous renvoie à ce qu’il y a de plus laid en nous. Oui, nous sommes devenus un peuple de veaux sans honneur, sans grandeur… Qui ne se soucie que de son foin et de sa fange.

Nous nous indignons de la maltraitance d’un animal et nous sommes silencieux quand chaque année les médias nous informent du nombre officiel d’avortements, d’assassinats d’innocents… Hypocrites que nous sommes. L’affaire Vincent Lambert est notre mesure, une pierre ultime d’achoppement qui déterminera l’immédiateté de notre société. Elle est déjà morte et pas recyclable…

Le Président Macron a arrêté la mort de Vincent, mais il a demandé dans le même temps que le gouvernement se pourvoit en Cassation. C’était judicieux à la veille des élections et des bien pensant de la pense cathos lui ont donné leurs voix ! Depuis trop longtemps, la médiocrité déborde du bénitier.

Que ceux qui peuvent encore comprendre ces temps entendent la réponse dans leur cœur.

1- Il eut été intéressant de poser la question du post-modernisme à Michel Serre, il n’eut pas manqué de nous rassurer et telle une copie conforme d’Ormesson, le sirop et la guimauve se furent élégamment écoulés.

2- Si on est quelque peu attentif à la forme des discours de ceux qui soutiennent la mort dans la dignité, on constate l’extrême manipulation de la sémantique qui fausse notre approche du réel.

3- Le film, Le Soleil Vert était une annonce prophétique ; bientôt les sous-hommes seront l’aliment de leurs confrères tandis que carottes, aubergines, tomates iront nourrir les décideurs-exploitants les sous-couches sociales...



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