SCHISME ET APOSTASIE EN VOIE D'ACCOMPLISSEMENT



En 2014 et 2015, le Pape François convoquait deux synodes sur la famille. A ces deux occasions, la fracture dans l’Église s’est affirmée plus nettement, et en a révélé la profondeur, son intensité.

Les libéraux, les conservateurs, pour des raisons opposées, essayèrent d’imposer leur choix idéologique au-dessus de la Doctrine infaillible. Les acteurs les plus autorisés firent savoir leurs inquiétudes disant que sur le fond, le schisme était dans les esprits. Ils avaient raison.

Au milieu de ce débat, les fidèles aux Trois Blancheurs, et à leur tête un Pape François, droit dans les bottes de Pierre, intelligent et rusé, parvinrent à retarder d’autant l’inexorable.

Le schisme sera très bientôt acté. Il est devenu inévitable, et au risque d’être qualifié de pessimiste, je souhaite qu’il ait lieu le plus vite possible, mais ce n’est pas encore le temps.

Dans toute analyse sur la situation de l’Église depuis le Second Concile du Vatican, nous devons intégrer la renonciation du Pape Benoît XVI qui revêt un sens certain eschatologique en prise avec l’ouverture de l’Apocalypse, la purification. Il fallait que Pierre renonçât à sa charge non par lâcheté, mais à cause d’un lien de nécessité pour que le prochain successeur de Pierre, après sa mort, ait fait en sorte que plus aucun lien ne retienne la manifestation de l’antéchrist, et pour cela le nouvel élu se devait d’être un pragmatique, déterminé à mener à bien les réformes de la curie.

La présence de l’antéchrist parmi nous n’est pas un mystère puisque le président Macron l’a lui-même annoncé dans un entretien accordé aux journalistes du Financiel Times : « La bête est là, elle est parmi nous ».

En renonçant à sa charge, Benoît XVI remettait le gouvernement de l’Église à Jésus-Christ, c’est la raison la plus probante qui explique que le Pape François se fasse appeler : Evêque de Rome. Benoît XVI a ouvert la porte à l’accomplissement eschatologique de la fin d’un temps, d’un cycle. Les Papes, depuis Pie IX à saint Jean-Paul II le grand, auront balisé le chemin. C’est d’ailleurs pourquoi le cardinal Parolin a qualifié la Brèche de Porta Pia de traumatisme providentiel : «Dans l'histoire bimillénaire de l'Église, 1870 n'était qu'une étape. La Providence, nous le voyons bien maintenant, avait arrangé les choses différemment, de façon presque dramatique, en jouant sur les événements»1.

Les aspirations libérales et conservatrices dans l'Eglise s’uniront pour acter un schisme qui sera suivi d’une apostasie. Il est possible qu’au cours du synode de 2022 ou à sa conclusion, il soit consommé. Car les courants sus nommés cherchent à avancer leur candidat pour la succession de Pierre, et par ailleurs, les déclarations des uns et des autres selon leur tendance se multiplient allant jusqu’à remettre en cause l’exercice pétrinien et la légitimité du Pape François, certes pas directement, mais en multipliant textes et entretiens, sapant intelligemment l’autorité doctrinale et gouvernementale du Saint Père. Toutes les opportunités sont saisies pour le discréditer au regard du Peuple de Dieu, des fidèles. Il faut tenir bon les Trois Blancheurs.

C’est une situation douloureuse et de confusion, savamment entretenue par nos évêques qui, sous l’apparence de bons pasteurs, tracent le chemin de l’apostasie soit délibérément ou plus grave par lâcheté ou ignorance crasse, ça leur est d’autant plus facile que le Saint Père ne réagit pas aux attaques, il ne s’en soucie guère, le Christ n’a-t-il pas été raillé durant sa vie publique ?

Gardons-nous des déclarations fracassantes de certains archevêques en matière de Bien Commun ; il est très facile de faire de l’esbroufe dans les courants d’air des portes défoncées par ceux qui ont risqué leur vie et leur situation en défendant les plus fondamentaux principes de vie. Aux yeux du monde, se transformer en ventilateur paie toujours son pain. Nos évêques et cardinaux de l’Eglise en France n’ont guère de souci pas plus qu’ils ne font d’embarras envers les réformes demandées par le Pape comme : « La conversion pastorale de la communauté paroissiale au service de la mission évangélisatrice de l’Eglise », ils ne prendront aucun risque de sortir de leur gallicanisme et de leur assermentage de fait à cette maudite république. Nous ne les entendons pas expliquer les enseignements du Pape et encore moins ses décisions qui sont pourtant une extraordinaire espérance en vue du Monde Nouveau. La faillite pastorale et doctrinale de nos épiscopats européens renforce la probabilité du schisme et de l’apostasie. Ils ont perdu toute intelligence prophétique de l’Église.

Depuis le Second Concile du Vatican, les églises nationales : germaniques, néerlandaise, britannique et scandinaves, c’est-à-dire minoritaires dans des pays de la Réforme-protestante tentent d’imposer une dictature libérale, car pour beaucoup d’entre eux, l’Église n’est plus autre chose qu’une alliée à l’ordre social ou doit devenir l’un des piliers du mondialisme fortement soutenu par un courant de la Compagnie de Jésus.

Le synode de l’Église d’Allemagne illustre cette tendance. Le Pape François a retoqué pour la seconde fois les pères synodaux allemands qui voulaient autoriser l’intercommunion avec les protestants luthériens. La position du Pape est logique puisque les protestants ne croient pas en la Présence Réelle. Cette proposition des évêques allemands en dit beaucoup sur leur régression du sacré et de la transcendance, ils ne semblent plus croire en l’efficience du sacrement eucharistique.

La hiérarchie allemande, depuis ce second échec, contacte les conférences épiscopales des Etats européens pour les rallier à eux en vue du synode de 2022, ils projettent de constituer un front commun libéral contre le Pape François et les fidèles au sens strict du mot. Cette situation a été prophétisée par Marie-Julie Jahenny qui précise que l’épiscopat allemand fera l’impossible pour imposer son candidat, y compris lui permettre d’accéder au trône de Pierre de manière non canonique : le faux prophète ou l’antipape que d’autres âmes privilégiées annoncent y compris dans le livre de l’apocalypse.

La marche vers le schisme et l’apostasie ira à son terme, car les Saintes Ecritures doivent s’accomplir, mais malheur par qui cet accomplissement se réalise. On devrait méditer sur le sort que Dieu réserva à Nabuchodonosors. Ces évènements, aussi douloureux qu’ils seront, clarifieront chacun des camps, et auront bien des surprises. Pour le petit reste de fidèles que nous importe leur victoire apparente puisque c’est avec le Christ Roi de l’univers que nous vaincrons.

Mais le travail de déstabilisation doctrinale, et donc de la foi, prend doucement une amplitude qui touche l’ensemble de la vie de l’Église. Il s’en prennent à ce qui est le plus vulnérable et visible dans la vie de l’Eglise : les apparitions.

La revue Aleteia a publié un article au sujet des apparitions d’Amsterdam : La Dame de tous les Peuples, à Ida Peerdeman. Ces apparitions ont été approuvées et reconnues par l’évêque d’Amsterdam, reconnaissance confirmée par Rome, mais que le Saint Siège n’a pas reconnu encore officiellement pour l’Église universelle, mais peu importe, la première reconnaissance suffit, et comme l’évêque qui la reconnaît est dans la succession apostolique, cette reconnaissance interpelle toute l’Église. L’auteur de cet article ne l’a pas signé, et étrangement ni moi, ni aucun de mes amis n’avons trouvé de textes officiels de la Congrégation pour la Foi ni autre congrégation ou dicastères qui traiteraient de cette condamnation ? Pourtant, l’accès à tous les documents doctrinaux sont faciles et sans réserve. Cette condamnation serait très étrange, car les enseignements du Pape François au sujet de la fraternité universelle répondent exactement aux demandes de la Sainte Vierge Marie comme le Second Concile du Vatican.

La revue a été fondée à l’origine par les frères de Saint Jean dont le Père Marie-Dominique Philippe. Nous découvrons que le titre appartient maintenant à une fondation : la Fondation pour l’Evangélisation par les Médias (FEM) et dont le président n’est autre que le prince souverain du Liechtenstein, et qu’en 2015 le groupe Média-Participation en est devenu l’Opérateur industriel dont le siège est en Suisse à Moudon, créé par l’avocat d’affaire et ancien ministre Belge Rémy Montagne à qui lui succède son fils ; Vincent Montagne. Ce groupe de presse est un géant qui s’étend en France, en Belgique, en Italie, en Suisse, un tel consortium induit des apports de capitaux multiples dont je n’ai pas trouvé la liste. Dans cette configuration financière, il n’est pas anormal que les fils de ce monde aient tous les moyens pour diffuser des contre-vérités. Ainsi donc, les acteurs obscurs de l’état des profondes ténèbres montent aux créneaux pour semer le doute parmi les fidèles, ce qui démontre l’importance d’aller vérifier les informations sur le site vatican.va.

Les attaques de ce genre se multiplieront et monteront en puissance, dans un premier temps les fidèles seront de plus en plus marginalisés, puis persécutés pour certains. L’Église descend au tombeau, elle doit être effacée socialement, invisible pour laisser toute sa place à la victoire du Christ. De tous les bagages à emmener, il ne restera que la FOI.

PIERRE-CHARLES AUBRIT SAINT POL

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1- Saint Siège.


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