Lettre à mon Frère dans la Foi n°3



« Le pape est le seul homme qui puisse se tromper infailliblement.» (Jacques Maritain)


Mon Cher Paul,

Je suis fâché de te savoir grippé. Tu as raison de te tenir isolé, tu évites d'être suspecté de Covid19, la psychose de la meute nourrie par la peur bête et méchante qu’alimentent ces médias, porte-voix des enfers, multiplient et aggravent les déchirures sociales. Sachant que ta fébrilité te vient également de tes incompréhensions au sujet de notre Pape François, de sa manière d’assumer le quotidien de sa charge pétrinienne, je m’en vais essayer de te faire comprendre comment gérer la montée de l’Eglise au Calvaire du Christ Jésus. Tu me permettras mon frère et ami si cher à mon cœur, toi qui te trouve sur le parvis de l’Eglise, de m’installer sur le Balcon du Canigou, appuyant ma tête sur le flanc de Maître El Bourou[1] qui descend la lignée de l’Ânesse et de l’Ânon qui portèrent tour à tour la Vérité dans le tabernacle de l’Immaculée et vers sa Sainte Passion. En même temps, je me conforme aux crises infantiles de ces écolos qui, non sans une dose de perversité financée par les Soros&Co chantent la nature sans l’aimer puisqu’ils n’aiment pas leur prochain, préférant alimenter leur ego et assurer leur carrière. Tu comprendras combien Maître El Bourou et moi, nous nous consolons d’un marais bête et sans foin.

« Aussi moi je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. [2]» Si nous nous référons aux spécialistes de l’araméen[3] et aux orientalistes, ces langues sont très réalistes, concrètes aussi, cette parole est à comprendre au sens littéral : Pierre est la pierre sur laquelle l’Eglise humaine est construite tant disque que l’Eglise surnaturelle est totalement d’essence divine qui, comme pour le Verbe, s’incarne dans la nature humaine[4] ; certes sur la terre l’Eglise est une unique personne, un corps unique que tout baptisé forme puisqu’il en est membre.

Le reniement de Pierre nous montre que la pérennité de l’Eglise est due à la pierre surnaturelle, Jésus, et non à notre humanité faillible : Pierre n’a-t-il pas renié trois fois le Christ. L’histoire sainte nous enseigne qu’il y a eu des papes, des évêques, des prêtres abominables, qui ont fait vaciller l’Eglise, mais elle est surnaturelle avant d’être humaine, elle triomphe toujours. Un pape est élu, il est élu avec toute sa nature, et dès son acceptation, il reçoit la plénitude des grâces de son état : Son infaillibilité concerne la Doctrine théologique, morale, spirituelle. En dehors du Magistère extraordinaire, le pape jouit de la grâce de l’infaillibilité ordinaire qui se rapporte à réaffirmer la Révélation, mais elle ne saurait concerner son gouvernement humain de l’Eglise. Le pape n’est pas infaillible quand il intervient sur la politique, sur l’économie, sur l’écologie, sur la santé, sur le droit canon ni en matière de discipline, ni dans la nomination des évêques – cela se saurait –, ni sur la liturgie sauf les paroles de la Consécration des Espèces Saintes et quelques passages des Ecritures Saintes.

Il faut en finir avec l’ultra montanisme et le cléricalisme, tout ce que dit le pape et écrit ne relève pas toujours de l’Eglise dans son Magistère extraordinaire ni ordinaire, il faut rejeter cette papolâtrie que dénonçait le Pape saint Jean-Paul II, et qui consiste à considérer que toutes paroles, toutes décisions venant du successeur de Pierre sont « sacrées », et que l’on doit s’y plier, cela n’est pas vrai, ce n’est pas dans la doctrine de l’Eglise ; une encyclique ne jouit pas de l’infaillibilité ordinaire sauf pour les points explicitement reliés au Magistère, certes elle intègre le Magistère, mais elle n’a pas l’autorité d’une définition extraordinaire ; il se trouve en elle beaucoup de l’opinion de la personne humaine ordinaire. Le pape est Pierre, mais il n’est pas le Christ ; s’il convient de s’attacher à l’Eglise par le successeur de Pierre parce qu’elle est l’instrument unique du salut selon l’intention de Dieu Trine, elle n’est pas une fin en soi, puisque sa première des missions est de nous amener à Jésus ; c’est donc que l’Eglise est le meilleur chemin pour rejoindre Jésus et vivre de sa communion, et que le Pape est là pour nous confirmer dans la foi, mais certainement pas pour nous dire d’aller nous faire vacciner, chacun à sa place.

Mais alors mon ami, comment faire face à François, comment le recevoir, et peut-on le défendre ?

Je comprends tes interrogations, mais il ne s’agit pas de le défendre ni même de l’expliquer, c’est un exercice impossible puisque s’il est totalement fidèle à la doctrine comme un bon curé de campagne, ce qui ne demande aucune explication, il est incompréhensible dans ses actes et ses entretiens, on ne peut défendre et expliquer ce qui ne se comprend pas, et Jésus ne nous le demande pas. Le Pape ne permet pas aux évêques d’éclairer ses agissements puisqu’il passe par-dessus et communique dans l’ignorance de la hiérarchie qu’il préside, et le bon peuple de Dieu a autre chose à faire que de s’offrir une migraine alors qu’il sature avec les politiques qui tapinent à la criée des poissons volants.

Il faut entrer dans le silence de Jésus durant sa Passion, silence qui commença en la présence d’Hérode qu’il déchira : « Mon Père, je remets mon esprit entre vos mains. Et disant cela, il expira. »

Oui, mon ami et frère, nous souffrons parce que l’Eglise entre dans ses propres tribulations purificatrices, et qu’il n’est guère plus temps d’expliquer par la raison résonnante, mais par le cœur silencieux, contemplatif et immolé. Les souffrances que nous infligent la hiérarchie de l’Eglise et à sa tête le Pape François ont commencé activement par la renonciation du Pape Benoît XVI, car qui a compris que sa décision, prise sous la pression exercée par les banques qui avaient bloqué le circuit des paiements pour l’y contraindre, était de remettre le gouvernement humain de l’Eglise dans les mains bénites de Jésus[5]. Ce bon Pape nous a déposés sur les sept premières marches du Golgotha, nous mettant en présence de l’ouverture de la purification, après quoi, il est entré dans un silence priant et dans l’offrande de sa personne. Il nous a donné l’attitude à suivre : Pardonner à ceux qui font souffrir le Corps du Christ et offrir nos souffrances en demandant pardon pour leurs auteurs afin d’être reçu dans les plaies de Notre Seigneur pour être victorieux de ses ennemis. Nous ne pouvons pas lutter contre la tempête qui s’est levée qui monte en puissance, et nous n’avons pas à juger ceux qui la soufflent. On a critiqué, jugé, publié, moi le premier, ce n’était pas la bonne voie, il faut cesser de le faire sinon, nous serons balayés par la tempête et nous prendrions le risque de perdre notre salut, car quoiqu’il en soit, le Pape François est le signe de l’unité, et par qui l’épreuve de la purification s’abat sur nous, alors que jusqu’au «ça suffit» du Père éternel, le salut nous est encore proposé. Si nous voulons tenir debout et dans la victoire de Jésus, nous devons prier, prier ; offrir, offrir ; pardonner, pardonner. Cette attitude ne nous interdit pas de discerner, c’est pourquoi il importe de s’en tenir à la doctrine et à la tradition. Je ne cesse de me répéter, entrons en résistance spirituelle, c’est la victoire assurée.


[1] Jacques Maritain [1] Ane en catalan [2] Mat. 16, 18 [3] La langue vernaculaire du temps de Jésus, qui sera utilisée de Lisbonne à Shanghai jusqu’à la fin du 8ème siècle. [4] Ce qui est de foi. [5] Le Mystère du Mal – Benoît XVI et la fin des temps de Giorgio Agamben chez Bayard.




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