FÊTE DE LA CROIX GLORIEUSE 14 SEPTEMBRE de P. C. A. St. P.



La croix fut un supplice pratiqué par nombre de peuples de l’antiquité pour les esclaves et les criminels. Les Romains l’auraient importé lors des guerres puniques, conflits économiques qui les opposaient aux Carthaginois, mais il apparaît antérieurement à cette période dans d’autres lieux autour de la Méditerranée.

Le supplice de la crucifixion dans la République romaine puis dans l’Empire romain était réservé aux non-romains surtout aux esclaves. Il était le signe que les condamnés étaient des ennemis de Rome ou de très grands criminels non citoyens de Rome. Ce supplice fut généralisé puisque utilisé lors des persécutions antichrétiennes au Japon au XVIème et en Chine au XIXème, on peut parler à ce sujet de champ ondes-formes, car il semble avoir été pratiqué dans toutes les régions du globe sauf peut-être sur le continent amérindien.

Le Verbe, en s’incarnant dans l’homme Jésus de Nazareth, pour faire la volonté de son Père, satisfaire à sa justice, savait que sa mort passerait par la croix. N’a-t-il pas annoncé bien avant sa passion que pour le suivre, il fallait que chacun prenne sa croix.

« Il renonça à sa condition divine... » pour prendre celle de l’homme et aller jusqu’à l’extrême kénose que l’homme peut supporter, il n’a pas renoncé à sa nature divine, mais bien à sa condition, « ...il s’est fait serviteur... ». C’est par le supplice de la croix que le Christ règne comme l’annonça David dans l’un de ses psaumes « […] c’est par le bois que tu régneras... ». La croix est un enseignement de justice et de salut, de miséricorde et d’amour ; c’est en effet par elle que les sacrements institués par le Christ sont efficients. La croix est donc bien un chemin de miséricorde et de justice pour tous les hommes qui, passant de ce monde à l’autre, ne doivent leur salut qu’en la reconnaissant comme chemin unique pour rejoindre la vision béatifique. C’est un des aspects de la mystérieuse échelle de Jacob. C’est par la croix que le Ciel fait descendre ses grâces sanctifiantes et autres et c’est par elle que l’homme fait entendre au Trône divin son Action de Grâce dont la prière de louange fait partie.

La croix, si elle demeure la puissance du sacrifice absolu, indépassable n’est pas seulement une invitation au renoncement inhumain, ce n’est pas un instrument totalitaire ni de torture psycho-affective que l’on peut voir dans certains milieux ultras de l’Église.

Elle est avant tout chose une puissance de miséricorde qui nous est offerte et dans laquelle il nous faut certes entrer, mais en sachant que la mesure s’adapte à chacun. Car en elle se trouve également l’amour d’une mère, Marie, Notre Dame des Douleurs dont la maternité s’accomplit dans ce bois de justice et d’amour ultime. C’est à la prière de Marie au pied de la croix que Jésus peut enfin mourir puisque n’étant pas soumis à la Loi, il ne le pouvait pas quand bien même donnait-il sa vie pour nous et la demandait à son Père ; il fallait que Marie, présence de l’Église en cet instant, la demandât au Père éternel pour qu’elle advienne. La croix devient source de fécondité spirituelle et surnaturelle parce que trois Cœurs Sacrés battent d’un seul et unique mouvement, car il n’est pas insignifiant que le ciel se soit choisi comme père nourricier le futur et grand saint Joseph, il était charpentier. La fécondité de la croix exigeait qu’elle fût plantée comme un désir souverain dans les trois Cœurs Sacrés comme ce sera dans un identique désir d’amour de charité que l’union matrimoniale entre Joseph et Marie s’offrira de l’intérieur de l’Union Sponsale comme autel privilégié pour l’effusion d’amour de charité que Marie transvasera dans le cœur de saint Jean le Baptiste qui, conçu sous la Loi, sans fût délivré à l’instant de la Visitation, il fut l’un des rares pré-sanctifiés.

Pour nous fidèles, la croix est notre victoire qu’il faut laisser à Marie le soin de la féconder en nous, c’est un peu l’essai qui, au rugby, doit être transformé...

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